La nouvelle lune du 16 octobre 2020

Les ombres s’allongent… Entre le 12 et le 16 octobre, les Celtes du Nord fêtaient la Nuit de l’Hiver. Grandes récoltes et glanages se terminent, les frimas approchent : il est temps de passer davantage de temps à l’intérieur. Cette période appelle très naturellement la réflexion et le travail manuel ou domestique. C’est aussi le moment de relire ou de se raconter les vieilles légendes…

Les ombres s’allongent… Les nuits gagnent. Le noir s’installe. On doit se soutenir mutuellement et on ne peut pas tout garder. Pour passer l’hiver, il faut faire des réserves mais la place n’est pas infinie. Y compris dans nos armoires intérieures ! Pour garder nos réserves entières et fournies, que devons-vous paradoxalement lâcher, jeter, brûler ?

Les ombres s’allongent… Et parfois elles s’animent, puisque Samain, Halloween et Toussaint approchent. S’il est temps d’honorer nos ancêtres ou de laisser parler les morts, c’est aussi le temps de dire au revoir. Les Anglo-saxons ont un mot qui n’a pas d’équivalent en français : bonfire, le feu de joie. Étymologiquement, c’est le bone fire, le feu d’os, qui rappelle les offrandes ancestrales de vieux os jetés dans le feu contre le mauvais œil.

Les ombres s’allongent… Et, parfois, nous devons les brûler. Quels vieux os allons-nous jeter dans le feu ? Quels fantômes allons-nous décider de laisser partir ? À quelles ombres allons-nous sourire avant de les saluer et de leur dire au revoir ?

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Le petit rituel que je vous propose, Alejandro Jodorowsky le qualifierait peut-être de “psychomagique” ! Outre les traditionnels voeux de nouvelle lune, il s’agirait, à plusieurs, de recréer ce “bonfire” dans lequel brûler les ombres. Si vous avez la chance de disposer d’une cheminée, c’est facile. Et si vous pouvez faire un grand feu extérieur dans lequel jeter ces “vieux os”, c’est encore mieux. Mais je pense aux urbain·es : un beau et grand bol, des allumettes, une bougie, un bâton de fumigation ou des branches de lavande ou de romarin, assez longues pour être enflammées sans se brûler, suffiront.

Si vous êtes devant un feu, inscrivez sur des bouts de papier le nom d’une ombre à laquelle vous voulez sourire, rendre hommage, puis dire au revoir, afin de vous alléger. Ces ombres peuvent être des êtres chers décédés, des ex, des ami·es qui vous ont trahi·e, des personnes dont le souvenir vous hante encore. Que vous soyez seul·e ou à plusieurs, il me semble nécessaire de prononcer son nom à haute voix, de vous concentrer sur cette personne, de raconter en quelques mots son importance. Dites-lui au revoir, puis jetez le papier ou la petite branche au feu. Jetez autant de papiers au feu que nécessaire.

Si vous n’avez pas de feu, allumez la bougie. Prenez un morceau de bâtonnet de fumigation ou la petite branche de lavande ou de romarin, puis concentrez-vous sur la personne qu’il s’agit de laisser partir. Procédez comme ci-dessus, puis enflammez la matière végétale au-dessus du grand bol. Quand vous avez épuisé les ombres de chacun·e, allez jeter les cendres au grand air, sous le ciel sans lune. Et confiez les ombres au vent de la nuit.

Les ombres s’allongent. L’hiver vient. Pleurez, souriez, remerciez mais surtout, surtout, allégez-vous. Bons rituels de nouvelle lune à vous.

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